“Produire pour détruire n’est plus acceptable”

C’est par cette phrase que Brune Poirson, à l’époque ministre de la Transition écologique et solidaire, a présenté sa loi « anti-gaspillage pour une économie circulaire » adoptée en janvier dernier. Une loi qui impacte déjà la vie quotidienne des Français, mais aussi celle des entreprises.

Explications…

Depuis le 1er janvier, les gobelets, assiettes et coton-tiges plastiques sont interdits. En janvier 2021, cette interdiction concernera aussi les pailles, les couverts et les touillettes. Un sacré changement dans notre vie quotidienne où le plastique jetable est souvent roi avec toutes les conséquences sur la pollution que l’on connaît.
Au-delà de cet exemple, cette loi pose des bases fortes pour transformer notre système en profondeur et créer de nouveaux emplois durables et souvent non délocalisables au travers de grandes thématiques : lutter contre le gaspillage et pour le réemploi solidaire, agir contre l’obsolescence programmée, mieux produire.

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SERFIM est directement concerné par cette loi…

SERFIM est directement concerné par cette loi qui, par exemple, étend la Responsabilité élargie du producteur (REP). Pour Raphaël Gas, directeur de SERFIM
Recyclage, « la REP oblige le fabricant d’un produit à financer sa fin de vie s’il génère des déchets. Or la loi étend la REP à de nouveaux secteurs dont les produits ou matériaux de construction du bâtiment. Les entreprises (producteurs de matériaux et metteurs sur le marché) doivent donc s’organiser afin d’assurer la seconde vie, le recyclage ou le traitement de leurs produits. »

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La filière du bâtiment produit en effet environ 46 millions de tonnes de déchets de construction par an, dont une grande partie est prise en charge par les entreprises membres du Syndicat des Entreprises de Déconstruction, Démolition et Recyclage (SEDDRe) dont SERFIM est un membre majeur puisque Raphaël Gas en est vice-président et président de la commission Environnement.
« Nous sommes d’ailleurs pionniers sur ce secteur avec notre filiale Nantet Locabennes. Créée en 1989, elle emploie aujourd’hui plus de 110 personnes et a dédié le coeur de son activité au recyclage des déchets issus du BTP : gestion des déchets de chantiers, traitement des déchets de plâtre, une véritable innovation primée en 2012 ! ».

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Pour Alexandra Mathiolon Directrice Générale SERFIM, « la déconstruction produit 300 000 tonnes de plâtre par an, 85 000 seulement sont recyclées, dont 33 000 par Nantet Locabennes.» Il reste donc un véritable gisement sur lequel SERFIM Recyclage compte bien conserver son statut d’acteur de référence pour « faire du déchet une ressource ». L’ouverture en mars 2021 d’une centrale de recyclage de plâtre en Île-de-France viendra renforcer ce service aux professionnels du bâtiment.

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Pollueur-payeur

Les déchets générés par le secteur du bâtiment sont autant de matériaux pouvant alimenter des dépôts sauvages, véritables fléaux écologiques et économiques pour les collectivités. Face à ce constat, plusieurs mesures de la loi sont destinées à améliorer la gestion des déchets de la construction et à lutter contre
les décharges sauvages :

L’Ademe a lancé en mars l’étude de préfiguration de la REP produits et matériaux du secteur de la construction du bâtiment (PMCB) et de la reprise gratuite
des matériaux. Dans ce cadre, le SEDDRe a confirmé à la ministre Barbara Pompili, en juillet dernier, sa volonté d’être un partenaire actif et utile dans la mise en place de la loi afin de « continuer à tirer nos métiers vers le haut. »

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Pour Didier Michel, président du syndicat, les résultats d’une étude sur les pratiques de tri des chantiers réalisée par l’Ademe en début d’année démontrent
qu’il « existe une distinction entre les gros chantiers sous MOA ‘‘professionnelle’’ et les chantiers des particuliers et des artisans, qui conduit à un mode d’organisation différent. »
Par exemple, les déchets inertes représentent 2/3 des volumes avec un taux de recyclage particulièrement élevé sur les gros chantiers. « La distinction entre une origine bâtiment ou TP reste en pratique très compliquée à effectuer sur les plateformes. Il est également fondamental de distinguer les déchets issus du
gros œuvre de ceux issus du second œuvre.» Pour le syndicat, l’un des objectifs est d’améliorer rapidement certaines filières avec « un enjeu significatif au regard des pratiques actuelles comme pour le plâtre, les isolants, le verre, les CSR* (combustibles solides de récupération)… »
Le Code de l’Environnement stipule d’ailleurs, depuis le vote de la loi sur l’économie circulaire, qu’il est obligatoire de « valoriser sous forme de matière 70 % des déchets du secteur du bâtiment et des travaux publics en 2020 » et que 70% de la part restante devra être valorisée en énergie.

Création de Bioval

SERFIM est, là encore, pleinement investi. La création de Bioval en juillet dernier, par SERFIM Recyclage et Vicat, unique cimentier français, répond parfaitement aux ambitions de la loi.

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En effet, cette association a permis de reprendre, pour la développer, l’activité Combustibles Solides de Récupération (CSR) de Sibuet Environnement. « Cette alliance permettra de pérenniser l’approvisionnement en combustibles de substitution des cimenteries Vicat de Montalieu-Vercieu et Saint-Égrève (Isère), d’éliminer le recours aux énergies fossiles carbonées et ainsi de participer à la réduction des émissions de CO2 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, estime Raphaël Gas. Elle propose ainsi une solution alternative à l’enfouissement des déchets et contribue à la réduction des émissions de CO2 des cimenteries. »
Bioval produit 45 000 tonnes de CSR par an – la plus importante production en France, avec une autorisation de 100 000 tonnes annuelles ; la marge de progrès est importante…